« ESSAOUIRA, PASSION PARTAGÉE »
16/06/2013
« Le monde » est à Essaouira, « ville-mondes » dont les créateurs, comme les
étrangers, issus de différents horizons, sont amoureux, inspirés par elle… Une
ville vécue comme « une passion partagée », vers laquelle reviennent ceux des
siens qui ont été amenés à la quitter. Une ville qui renaît et revit, après
avoir connu un moment de désolation qui, au reste, ne lui enlevait rien de son
charme. Charme auquel a succombé toute la
beat generation
, vers elle aussi a migré l'esprit de bohème qui a marqué la génération de mai
68. Au début des années 1970 quand Georges Lapassade avait découvert la ville,
l'avait aimée et avait été éprouvé par l'état de décrépitude qui la corrodait,
il avait apposé à l'entrée de la cité une pancarte où il avait écrit : «
Essaouira, ville à vendre »…
C'est ce décor qui a servi à
Orson Welles
pour situer Chypre dans
Othello
. Ce « Mogador d'Afrique » qui a inspiré Paul Claudel, dans
Le soulier de satin
, pour en faire l'étape obligée entre la péninsule ibérique et les Amériques…
Il y a aussi les visiteurs réguliers, constants, cherchant à maintenir vif en
eux le mythe créateur de la ville. Comme l'écrivain mexicain Alberto Ruy
Sanchez qui fait de Mogador une quête, comme les créateurs rencontrés qui nous
parlent de cette « passion partagée ».
Cet amour de la ville qui animait
l'œuvre littéraire d'
Edmond Amran El-Maleh
, dont la tombe se dresse dans le cimetière marin juif d'Essaouira:
« Où soufflent les Alizés/ inlassables balayeurs du ciel/ transparence qui
décante l'azur/ la mouette accompagne le gnawi/ supplique d'Afrique sur la
tombe juive/ esquisse du corps qu'éclaire l'auréole/ aussi bien gravée que le
caractère arabe/ le signe berbère la lettre latine/ tous veillent sur leurs
sœurs hébraïques/ froissement d'ailes qu'humecte l'écume/ gerbes qui retombent
sur la roche ductile »…
André Azoulay
, journaliste, politologue et homme politique marocain né à Essaouira,
conseiller du Roi du Maroc. À l'origine du programme de transformation de la
ville d'Essaouira, président de l'Association « Essaouira-Mogador » et de la
Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures
Mina El Mghari
, historienne, auteur d'une monographie, en arabe, sur l'archéologie et
l'histoire d'Essaouira
Françoise Atlan
, cantatrice en judéo-arabe
Gabriele Meletti
, architecte décorateur
Alberto Ruy-Sánchez
, écrivain, dont l'œuvre romanesque se nourrit du mythe de « Mogador »
Joseph Sebag
, libraire, antiquaire
Abdellatif Gharbaoui
, chef cuisinier, propriétaire du restaurant l’Elizir
Abderrazak Khoubane
, fromager, à Mescala
Halima et Ahmed Eddibi
, collaborateurs de Charles Mélia , viticulteur, Val d'Argan
Majid, Abdelkader et Si Mohammed Mana
, fils d’un maître artisan ébéniste, Si Tahar Mana:
Si Mohammed
, ébéniste qui continue d’animer l’atelier de son père,
Majid
, professeur de mathématiques,
Abdelkader
, anthropologue
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