Auteur: Hamza Ben Driss Ottmani

Si Mogador m'était contée, nouveau roman de Hamza Ben Driss Ottmani sur sa ville natale : Essaouira. Dans ce récit, il découvre les trésors cachés de l'histoire de la cité. Regroupant une vingtaine d'histoires basées sur des faits réels qui, jusque-là, n'ont circulé que par le bouche-à-oreille, l'auteur ambitionne de préserver ces récits malheureusement oubliés par les historiens. Narratrice du passé méconnu de Mogador, la charismatique Lalla Aïcha nous accompagne tout le long du recueil. Elle ressuscite pour son petit-neveu une partie de la mémoire cachée de la ville de Mogador. Des scènes et des situations, parfois surprenantes, s'enchaînent tout au long de l'ouvrage afin de sortir de l'ombre la mémoire de la cité des Alizés.

Editeur : Eddif
Année : 2007

Pâtisserie Driss
L'une des meilleures et certainement la plus ancienne. Dans "Si Mogador était contée" Hamza Ben Driss Ottmani raconte les débuts de cette institution locale.

A la fin des années 20 le jeune Driss est chef pâtissier chez un patron qui va se perdre au jeu et, faute de pouvoir payer son employé, lui donnera le matériel de la pâtisserie en faillite. Pour Driss qui s'installe à son compte en face de la grande mosquée les débuts sont difficiles et puis un jour il reçoit une commande : des gâteaux pour un buffet de 300 personnes qui sera servi à bord d'un bateau de guerre français mouillé dans la baie. Tout le gratin de la région est de la fête et en fin de soirée l'Amiral remercie ses hôtes félicitant tout particulièrement les préparations du pâtissier dont il a oublié le nom.

 

 

- Il s'appelle Si Driss de la place du Chayla lui souffle t'on à l'oreille, ce que répète l'Amiral à son assemblée de notables ... le lendemain on se bousculait à l'entrée de la pâtisserie du Maâlem Driss.

Le succès depuis ne s'est jamais démenti et à Essaouira on se souvient de ce pâtissier décédé en 1994, toujours en blouse blanche, sur la tête un tarbouche en feutre rouge, sur le nez d'éternelles lunettes de soleil, des babouches aux pieds et à la main son vélo.
Il avait également une voiture, une longue américaine, Plymouth, carrosserie vert foncée, toit blanc.

A Essaouira il a longtemps été le seul pâtissier avec  un juif qui faisait de bons gâteaux mais un peu secs et croquants comme ceux traditionnels des marocains. Chez Driss c'était croissants, et pains au chocolat pour les petits déjeuners et pâtisserie à la crème avec dessus de vraies amandes et pas des cacahuettes.  Comme en Europe il y avait aussi des grands gâteaux à partager en plusieurs parts. A Noël sabots en chocolat et des œufs à Pâques.