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Ils ont écrit à son sujet..."Ne cherchez pas à forcer les portes de la citadelle... Elle s'est posée sur cette presqu'île, telle une blanche mouette portée sur les vents alizés, le souffle de Magdoul, le saint, son amant inspiré, qui un jour reviendra pour la ravir entraînant dans ses pas les hautes vagues de la mer qui la couvriront de pure blancheur ". |
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Il est des villes secrètes auxquelles conviennent les banales arrivées,
ménagères de lentes découvertes. D' autres réclament la soudaine révélation:
Jean-Louis Miège ( Les perles de l'Atlantique ) |
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Avant qu'elle ne soit, Mogador était sûrement belle.
Elle se dresse maintenant peut être belle, peut être plus froide que la chaleur qui anima tous nos amours égarés sur une plage où passait curieux ce vent! Obsédé ce vent. Mais fidèle ce vent. Il me rapportera des dizaines d'années plus tard ce parfum volé à l'un de mes amours. Il me chuchotera dans l'âme que je l'aime toujours. Oui c'est aussi vrai que je t'aime Mogador. Ma poésie n'atteindra jamais le secret de ta beauté. Je laisse d'autres tenter ce délire infranchissable. Coquille entourée de sable, cette ville s'ébauche en une miniature aux couleurs tendres, et je tais d'autres vibrations. Abdelkbir Khatibi ( La mémoire tatouée ) |
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Nous nous trouvions dans la fascinante ville de Mogador sur la côte atlantique. On était là parce qu'on cherchait des extérieurs et le meilleur endroit qu'on pouvait trouver pour Chypre (le II° et V° acte de la pièce Othello de Shakespeare se déroulent dans l'île de Chypre) n'était pas Chypre elle-même, mais Mogador . Nous étions près de ces merveilleux remparts où nous avons tourné tant de plans importants... j'étais au septième ciel! J'étais absolument, sereinement prêt à ne plus jamais quitter Mogador ". |
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"Il n'y a qu'un certain château que je connais, où il fait bon être enfermé... il faut plutôt mourir que d'en rendre les clefs ... c'est Mogador en Afrique ". Paul Claudel |
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"Essaouira est une ville mystérieuse, magique et passionnante,
un univers étrange, un monde tout à fait à part et
son très riche passé historique et culturel est resté
intact . La créativité y est intense dans tous les domaines,
mais ce qui me passionne le plus c'est le foisonnement d'artistes autodidactes
et singuliers qui ont surgi ici . Et ils n'ont pas surgi du néant
mais sont issus de longues traditions ancestrales dans une ville où
se croisent des civilisations ou ethnies venues d'horizons divers.
Fréderic Damgaard |
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"Le profil architectural typique d'Essaouira invite à un
tourisme culturel et intelligent. Le charme courtois des gens force
l'amitié
et l'adhésion. Le calme discret de la ville ignore le stress et
la pollution. Les activités artistiques de la population commandent
le respect et l'admiration. Il n'est pas surprenant que musiciens, peintres
et écrivains étrangers et de renom mondial y trouvent une
deuxième patrie pour leurs talents .
Attilio Gaudio |
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"C'est une ville plus sereine et plus tranquille que Marrakech. Il n'y a pas de frénésie . Et j'aime l'architecture historique . Mais surtout j'ai beaucoup aimé les gens . Il y a chez le marocain en général, et le souiri en particulier, ce que j'appelle le côté danse, poésie, fantaisie . Or, en tant qu'Américain du Nord, il nous manque la poésie, la fantaisie, la danse, le côté sensible de la vie. Je me suis dit : je vais rester à Essaouira .Et j'y suis depuis 15 ans . Maintenant je vis dans une maison à Ghazoua qui m'appartient .Et j'habite ici pour écrire. Je rédige actuellement deux romans. C'est la tranquillité qui rend mon travail possible». Simon Scott |
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"Ils sont nombreux les miracles de l'univers, Essaouira est mon miracle, ma merveille à moi .
Je suis né dans cette ville, mariée étincelante dans sa maïda d'azur que veille jalousement la cohorte blonde des dunes, l'armée des mimosas, les sveltes minarets vigiles et les vagues déferlants des horizons . J'y ai grandi, passant de la symphonie de ses brouillards ouatés et silencieux, à la sarabande de ses vents, enfants terribles et turbulents, suppléant généralement à la nonchalance d'éboueurs transis et dolents . Essaouira, Tassort, Mogador, rose des sables, fille de l'océan et du thuya, ville que nous, tes enfants, aimons pour ton automne transparent, ton hiver si doux, ton été capricieux et volage, ton printemps humide comme les cellules de ta triste et célèbre prison où tant des nôtres ont souffert et espéré . Essaouira, Tassort, Mogador, d'où tiens-tu le secret de tes féériques couchers du soleil , de ce ciel où se disputent des gerbes de lumière vertes, roses et violettes, émergeant de derrière de gros nuages gris, venus je ne sais d'où, se mêlant au prodigieux faisceau des rayons du soleil déclinant, fondant dans son cortège irradiant ses dernières lumières, dans la magnificence de sa prodigieuse palette ? Qui vous dévoilera les mystères de « Derb El Azara » ( la rue des célibataires) dont les ténèbres nous glaçaient de terreur sous ses voûtes basses et noires ? Qui nous contera Boutouil, Sidi Bou Richa, Hammam Lalla Mira et Derb El Kharba ? Qui ressuscitera les splendeurs de la skala; du grand palais que le sable glouton avale inexorablement,... du Borj el Baroud qui s'affaisse peu à peu devant l'assaut des vagues, les beaux jours de l'île, sentinelle de la cité, les actions de Sidi Magdoul le saint patron de la ville, les regrets du village Diabet pleurant son grand pont de pierres que l'Oued Ksob, dans l'une de ses célèbres colères, a brisé et demantelé il y a bien des décennies de cela ? Qui nous restituera la pudeur, l'exquise politesse et la modestie des souiris pourtant jaloux de leurs traditions, de leur spécificité, de leur art culinaire, de leur artisanat qui fait parler l'or et l'argent, chanter le thuya, le citronnier et l'ébène ?
Ceinte de monticules dorés, de remparts fauves et altiers, moutonnantes de dunes, voilée de légères brumes, baignée par l'océan qui l'enserre et l'étreint, toute humide d'embruns, Essaouira se rappelle, revit sa splendeur, ses souvenirs; riches caravanes, trafic intense, commerce florissant, obus de Joinville, passage de Foucault, séjour de diplomates venus d'Europe, haute silhouette de l'exilé Caïd Haddou, chef de la diplomatie rifaine, promenant de ruelle en ruelle, ses souffrances et sa nostalgie,colonie juive si studieuse, si vivante, si tolérante, fêtes échevelées de l'Achoura, ses « chrib ataye » où le rzoun est roi ! Essaouira, Tassort, Mogador, ville magique extraordinaire habit d'Arlequin dont chaque oripeau est une armoirie, chaque morceau une tribu : Ahl Agadir, Rahala, Chbanate, Jbala, Beni Antar, Derb El Alouj, Bouakher . Ce sont là des noms, ceux des quartiers de cette citadelle conçue par Sidi Mohammed Ben Abdellah, dessinée par Théodore Cornut bien en avance sur son époque . Essaouira, ce sont ses souks : souk Ouakka, souk El Jdid, souk El Gzal, ses quartiers spécialisés, ces rues et ruelles aux noms étranges tout en échoppes bourrées jadis de tous les produits de la terre et de l'ingéniosité de l'homme . Essaouira ville sainte, ville soufie . Chaque « houma » a sa mosquée, sa zaouia ou sa confrérie . Ont pignon sur rue et espace dans la place les Jilala, les Tijanis, les Naciris, les Regraguas, les Derkaouas, les Kettanis, les Ouazzanis, les Aissaoua, les Gnaoua... Je suis né dans cette ville. J'y ai grandi. Et je souffre, comme tous ses fils, de la voir végéter, mourir lentement, victime de l'oubli, de l'ingratitude et du déclin . Bientôt le centenaire . A quelle porte faut-il donc frapper pour la tirer de sa douce somnolence, de sa léthargie, pour l'aider à accéder au rang de cité vivante et prospère, digne de notre siècle, avec toutes ses caractéristiques et ses potentialités mises en valeur et développées par tous les apports de la modernité . Abou Mounia (Pseudonyme) |
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Essaouira est l'une des rares villes au Maroc qui aient réussi
spontanément le pari du tourisme culturel.
Abderrazak Ben Chaabane |
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"Je l'ai toujours su qu'Essaouira est un secret qu'on ne peut trahir.
Le crier ou juste le penser, c'est la perdre."
Tahar Ben Jelloun ( La prière de l'absent ) |